Cush Man, la mangue de Floride devenue recette culte
Parmi les mangues du vapotage, Cush Man fait figure de repère. Son nom circule dans les rayons depuis des années, décliné en plusieurs versions, et il intrigue. Que désigne-t-il au juste, quel fruit la recette cherche-t-elle à évoquer, et pourquoi la mangue, si simple à croquer, se laisse-t-elle aussi mal imiter ? Les fiches des revendeurs s’en tiennent le plus souvent à une mangue mûre et juteuse, sans aller plus loin.
Cush Man, un hommage à la mangue Cushman
Cush Man est un e-liquide de la marque Nasty Juice. Sur son site britannique officiel, le fabricant le présente comme une création signature et un hommage fidèle à la mangue Cushman, décrite comme sucrée et riche. Le nom de la recette est donc celui d’une variété de mangue, coupé en deux mots.
Le profil annoncé reste simple, une mangue mûre et juteuse. Les revendeurs britanniques y ajoutent une touche de low mint, une menthe discrète qui rafraîchit l’expiration sans prendre le dessus.
La recette a depuis donné son nom à une série entière, déclinée en plusieurs fruits. Pour comprendre ce qu’elle vise, il faut pourtant commencer par l’arbre.
La Cushman, une mangue de jardin née à Miami
Le fruit existe bel et bien, et son histoire est documentée par les pomologues de Floride. L’arbre d’origine a poussé d’une graine plantée en 1936 dans la propriété d’un certain E. L. Cushman, à Miami, dont il a pris le nom.
Sa parenté est restée inconnue pendant des décennies. Une analyse de pedigree publiée en 2005 par la Florida State Horticultural Society l’attribue vraisemblablement à un croisement entre deux autres cultivars, Haden et Amini.
Le fruit ne ressemble pas à l’image habituelle de la mangue. Rond et jaune à maturité, il évoque plutôt un pamplemousse, d’où son surnom de Big Yellow. Sa chair jaune pâle, sans fibres, est réputée pour sa saveur sucrée et riche, et un liseré orangé la borde près de la peau.
Malgré ces qualités, la Cushman n’a jamais percé dans le commerce, car ses arbres portent peu de fruits. Elle reste une mangue de jardin et de collection, conservée notamment par le ministère américain de l’Agriculture à Miami.
Rien n’indique pour autant que la recette soit tirée de ce cultivar précis. Le fabricant parle d’hommage, pas de matière première, et aucun flacon ne peut prétendre reproduire une variété aussi confidentielle.
Pourquoi la mangue résiste à l’imitation
Recréer un fruit en arôme revient à assembler les molécules qui composent son parfum. Avec la mangue, l’exercice se complique pour deux raisons que la recherche agronomique a bien décrites.
Un parfum fait de quatre familles de molécules
L’arôme de la mangue repose surtout sur des terpènes, des furanones, des lactones et des esters. Chaque variété les combine à sa façon, avec des composés différents ou les mêmes en proportions différentes.
Il n’existe donc pas une odeur de mangue, mais autant de nuances que de cultivars, qui se comptent par centaines. Avant d’écrire une recette, l’aromaticien doit choisir laquelle il vise.
Deux grandes lignées aromatiques
Des travaux publiés en 2009 dans la revue Food Chemistry opposent deux lignées. Les cultivars du Nouveau Monde, ceux de Floride compris, sont en général dominés par un terpène, le delta-3-carène.
Les cultivars de l’Ancien Monde, comme l’Alphonso indien, se distinguent par d’autres terpènes, l’ocimène et le myrcène, et par la présence de lactones et de furanones. Chez l’Alphonso, ces deux dernières familles ne se forment qu’au cours du mûrissement.
C’est là que réside la difficulté. La note de mangue bien mûre qu’annoncent tant de fiches dépend en partie de molécules liées à la maturité, qu’il faut recomposer sans que les terpènes n’écrasent l’ensemble. Rattacher sa recette à un cultivar floridien revient à revendiquer une mangue précise, et non la mangue en général.
La série Cush Man, une mangue et ses compagnons
Le site mondial de Nasty présente la recette en quatre versions dans sa série historique, dite OG. La mangue seule y côtoie la mangue associée à la banane, au raisin ou à la fraise.
Une cinquième variante, Cushman Ice, figure dans une autre série de la marque, baptisée Expansion. Son nom annonce une version plus glacée, mais la fiche officielle n’en détaille pas la recette.
Les descriptions de revendeurs s’accordent sur le rôle du raisin, présenté comme un raisin noir légèrement acidulé, avec la même touche fraîche en finale.
Un nom, deux flacons selon le marché
Le même nom ne recouvre pas partout le même liquide. Le site britannique de la marque annonce un grand format à 70 % de glycérine végétale pour 30 % de propylène glycol, pensé pour le subohm, c’est-à-dire les résistances de moins d’un ohm.
En France, plusieurs revendeurs annoncent au contraire un 50 ml en 50/50, dans un flacon de 60 ml qui laisse la place à un booster. Un ratio équilibré passe mieux dans un pod ou un clearomiseur à tirage serré, un ratio riche en glycérine demande un matériel plus ouvert.
Avant d’acheter, lisez donc le ratio sur l’étiquette plutôt que de vous fier au seul nom. C’est lui qui dira si ce flacon convient à votre appareil.
Cush Man sur la boussole des saveurs
Sur la boussole de ce site, une mangue mûre se range à l’ouest, dans la famille des vergers exotiques, aux côtés du fruit de la passion et du litchi. La touche mentholée du Cush Man la décale légèrement vers le nord, sans l’emmener jusqu’aux vergers givrés.
Les versions à la banane ou à la fraise restent dans le même secteur. Pour comprendre comment ces familles se répartissent, notre méthode pour trouver son meilleur e-liquide par profil de goût détaille la carte complète.
FAQ
Les questions pratiques qui reviennent au sujet de cette recette et de son fruit.
Faut-il écrire Cush Man ou Cushman ?
Les deux circulent. Le fabricant emploie lui-même Cush Man dans sa description et Cushman dans le titre de sa fiche, comme pour la variété de mangue. Les revendeurs français utilisent l’une ou l’autre graphie selon leurs catalogues.
Peut-on déguster une vraie mangue Cushman en France ?
C’est peu probable. Le cultivar n’a pas de production commerciale notable, faute de rendement, et reste surtout cantonné aux jardins et aux collections de Floride. Le marché occidental est dominé par d’autres variétés, au premier rang desquelles la Tommy Atkins.
Cush Man existe-t-il en sels de nicotine ?
Oui. Le fabricant présente les versions de sa série historique en nicotine classique et en sels de nicotine. Au Royaume-Uni, la déclinaison Cush Man Salts est vendue en flacon de 10 ml.
Existe-t-il un concentré Cush Man pour le DIY ?
Oui, un concentré Cushman de 30 ml est distribué en France. Plusieurs revendeurs relaient le dosage conseillé par le fabricant, 10 % dans une base 50/50, et rappellent qu’il ne se vapote jamais sans dilution.
Où le Cush Man est-il fabriqué ?
En Malaisie. Nasty Juice se présente comme une maison malaisienne d’e-liquides, fondée en 2015, et les revendeurs français consultés indiquent une fabrication malaisienne pour cette recette.
Cush Man, ce que cache une mangue devenue culte
Derrière Cush Man, il y a un vrai fruit, une mangue de jardin floridienne au parfum sucré et riche, dont la recette se réclame sans prétendre la copier. Il y a aussi la difficulté propre à la mangue, dont l’arôme change d’une variété à l’autre et se construit en partie au mûrissement.
Choisir son Cush Man revient à choisir une version de la série et un ratio adapté à son matériel, puis à juger la mangue pour ce qu’elle est, une interprétation. Remonter jusqu’au verger d’origine reste la plus belle façon de comprendre une saveur.
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Carnet de route éditorial réservé aux lecteurs majeurs. Les produits du vapotage contiennent souvent de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Ce récit n’est pas une recommandation d’achat.